Pétition pour sauver l'APHP
Lu dans news.doctissimo.fr
Pétition pour sauver l'hôpital public Mardi 16 février 2010
Les 2 000 à 4 000 suppressions de postes à l'AP-HP prévues d'ici 2012 continuent d'indigner les professionnels de santé et les élus de gauche. La nouvelle pétition "Défendons l'AP-HP" a pour but d'interpeller le gouvernement sur l'importance cruciale du service public hospitalier de santé et sur l'inopportunité de ces suppressions de postes.
Bertrand Delanoë (maire de Paris), Jean-Marie Le Guen (député PS, médecin, président suppléant du conseil d'administration de l'AP-HP), des membres de ce même Conseil et de son Conseil de surveillance, ainsi que plusieurs centaines de professionnels de santé, étudiants et particuliers ont déjà signé "l'appel citoyen à la mobilisation pour la défense de l'hôpital public", lancé le 14 février sur internet (site defendonslaphp.fr).
Les auteurs de cette pétition, qui souhaitent la signature de tous pour "pour affirmer votre soutien aux équipes de l'AP-HP qui, chaque jour, se mobilisent pour notre santé", rappellent que l'hôpital public est le garant de l'accès aux soins de qualité pour tous, ainsi que le lieu de la recherche médicale, ce qui en fait un véritable "pilier de la République, garant du pacte social".
La suppression d'un millier de postes par an, essentiellement pour raisons budgétaires, leur fait craindre des difficultés majeures "pour garantir un accès de chacun à une médecine de qualité, de proximité et d'excellence", d'où leur demande "au gouvernement de retirer son plan de suppression d'emplois et de donner à l'AP-HP les moyens" nécessaires pour l'avenir.
Jean-Marie Le Guen, dans une interview publiée le 14 février dans le Journal du Dimanche, s'étonne en effet que la réorganisation "indispensable" des hôpitaux de l'AP-HP (regroupements et optimisation prévus pour les dix prochaines années afin de corriger les déséquilibres entre établissements) commence par des suppressions de postes. Il dénonce "le double discours du gouvernement", la ministre de la Santé Roselyne Bachelot laissant entendre qu'elle renonce aux suppressions d'emploi, tandis que la direction de l'AP-HP les confirme.
Cette pétition vient donc en prolongement des manifestations et appels qui ont émaillé le vote de la loi Hôpital, Patients, Santé et Territoires en juillet dernier, et les mois qui ont suivi. Par exemple, 25 professeurs réputés avaient signé, suivis par 25 000 personnes dans le Nouvel Observateur du 16 avril 2009 un texte intitulé "Contre la mort de l'hôpital public : l'appel des 25", texte qui s'inquiétait déjà des suppressions de postes en cours et de la logique financière qui primerait par dessus toute autre considération. Depuis décembre, il y a également une menace de démission massive de 902 médecins, toujours en raison de ces suppressions de postes d'administratifs et de soignants.
Ces appels seront-ils enfin entendus par le gouvernement ? Certes, l'équilibre budgétaire est primordial, mais les hôpitaux publics doivent-ils vraiment être encore fragilisés avant la réorganisation massive prévue dans les années qui viennent ? Leur mission de service public de pointe et ouvert à tous, que les cliniques et les médecins libéraux ne peuvent de toute façon pas assurer, ne mériterait-elle pas un moratoire sur les suppressions de postes, comme le demandent les pétitionnaires ?
Jean-Philippe Rivière
Sources :
"Défendons l'AP-HP", site internet de la pétition, février 2010, accessible en ligne
"Il faut sauver l'hôpital public !", interview de Jean-Marie Le Guen, Journal du Dimanche, 14 février 2010, accessible en ligne


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